Le ministère des Transports du Québec a toujours porté une grande attention à la conception de mesures environnementales adaptées aux milieux où il implante ses infrastructures.
Les travaux de reconstruction de la route 175, au cœur de la réserve faunique des Laurentides, exigent une attention particulière à cet égard et bon nombre d’interventions pour limiter le plus possible les effets négatifs sur l’environnement. Le Ministère a mis au point diverses mesures écologiques, souvent avant-gardistes, qui non seulement préservent l’environnement pendant les travaux, mais favorisent l’intégration d’une nouvelle route au cœur d’habitats fauniques fortement valorisés.
Ruisseau des Brûlés
Bermes filtrantes
À l’embouchure du ponceau menant vers le ruisseau des Brûlés, le Ministère a procédé à l’aménagement de bermes filtrantes. Une berme consiste en un rempart non étanche composé de petites pierres. Disposées en plusieurs rangées en travers des fossés ou de petits cours d’eau sans poisson, elles ont pour objet de ralentir le débit de l’eau et de récupérer les plus grosses particules provenant du chantier. Ainsi, les matières en suspension finissent par se sédimenter en amont de ces remparts.
Dérivations permanentes
La reconstruction de la 175 a une incidence sur le parcours naturel du ruisseau des Brûlés. Le nouveau lit conçu par les experts du Ministère vise à recréer un habitat littoral naturel, un aspect impératif pour limiter les impacts sur les poissons. Des techniques du génie végétal ont aussi été employées afin de favoriser la reprise de la végétation et de stabiliser le talus par la pousse de nombreuses racines. Dans le cas du ruisseau des Brulés, un matelas fait de branches et de fibres de noix de coco a été installé aux abords du ruisseau.
Passage pour la petite faune
Inspirés d’Europe et relativement nouveaux au Québec, trois types de passages à petite faune seront mis à l’essai à l’intérieur du projet. Par exemple, le passage utilisé près du ruisseau des Brûlés, fait d’un tuyau d’une longueur de 85 mètres, permettra aux petits animaux tels que la martre, le vison et le lièvre de traverser sans danger le corridor routier.
Ponceau à déversoir
Ce type de ponceau est spécialement aménagé dans le but de favoriser la montaison de la truite mouchetée. En effet, plusieurs déversoirs disposés en travers du ponceau simulent des fosses permettant aux poissons de remonter graduellement le courant. De plus, l’encoche d’étiage située au centre a pour effet de concentrer le débit de la rivière lorsque son niveau d’eau est plus faible.
Rivière Jacques-Cartier
Passage destiné à la grande faune
Les spécialistes en environnement ont aussi pensé à la grande faune, soit l’orignal, le caribou et l’ours noir. Plusieurs dispositions rendront ce passage attrayant pour ces animaux, par exemple, par la pousse de végétation prisée par l’orignal, par l’aménagement de mares salines et également par la pose de clôtures qui canaliseront les déplacements aux abords du passage. Bien que cette zone ne soit pas particulièrement à risques en ce qui a trait aux collisions avec les orignaux, elle pourrait le devenir. Ainsi, cette approche préventive s’imposait, puisque ces structures, qui présentent des dimensions favorables à un tel passage, et ce, sans augmentation importante des coûts, sont conçues pour plusieurs décennies.
Décharge du lac Labyrinthe
Digue temporaire
Puisque l’emprise de la route sera plus large avec l’arrivée des quatre voies, le ponceau de la décharge du lac Labyrinthe se doit d’être allongé. Pour construire le prolongement de la structure, la zone des travaux doit être asséchée. C’est pourquoi une digue temporaire a été installée pour retenir l’eau en amont. Des tuyaux dirigent quant à eux le trop-plein d’eau vers le lac Sept-Îles, situé en aval. Une fois le prolongement du ponceau terminé, l’eau de la décharge reprendra son parcours habituel sous la route 175, à l’intérieur du nouveau ponceau.
Lac Horatio-Walker
Rideau de turbidité
Dans le but de capter les particules qui auraient tendance à se disperser sur la superficie entière des lacs, une membrane en géotextile hautement résistant vient confiner les matières en suspension aux abords du chantier et favoriser la déposition de la plupart des particules. Un rideau d’une longueur exceptionnelle de 300 mètres a été déployé à cette fin, minimisant ainsi les impacts du remblai dans le lac Horatio-Walker.
Matelas antiérosif
Près de la décharge du lac Horatio-Walker, un matelas antiérosif est installé. En plus de favoriser le maintien des semences en terre, ce tapis biodégradable constitué de fibres de bois empêche l’érosion aux abords de la rivière jusqu’à ce que le talus se soit enherbé. Ces matelas, parfois constitués de paille, sont installés sur toutes les pentes de talus de bonne longueur ou sur celles qui présentent une forte inclinaison.
Lac Sept-Îles
Estacade flottante
Dans l’éventualité d’un déversement de produits pétroliers, des estacades flottantes composées d’un boudin de matériel absorbant sont stratégiquement placées de manière à limiter en surface les produits nocifs. Cet aménagement facilite la récupération des matières dangereuses par pompage après un incident. L’équipement est placé en aval des travaux dans tous les cours d’eau où vivent des truites.
Dernière mise à jour de cette rubrique le 10/12/2007